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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 19:09

"Les effroyables complaintes du XIXè siècle"

Les affaires Pomarèdes, Rouyre et Arnaud.

par Marie-Christine Matray

Préface de Jean-Marc Barrier

Dans toutes les librairies et en ligne : ISBN 979 10 96474 18 9  - 20€ ttc

lien vers les Editions Noumène : http://www.noumene-editions.com/librairie/effroyables-complaintes-xixe-siecle/

lien vers la presse et association "les amis de Pézenas" :

http://amis-pezenas.com/25-mars-2017-a-10h30-librairie-lanet-de-pezenas-parution-litteraire-effroyables-complaiontes-de-marie-christine-matray/

 
 
POMAREDES - LES EFFROYABLES COMPLAINTES DU XIXè siècle - livre mc Matray
POMAREDES - LES EFFROYABLES COMPLAINTES DU XIXè siècle - livre mc Matray

Publié par les Editions Noumène

7 Clos des cigales 30980 LANGLADE  (04 66 81 58 81)

Dédicaces le 25 mars 2017 à la Librairie LANET

 Place de la République à Pézenas à partir de 10h30

Pour son troisième ouvrage, l’auteur s’intéresse aux complaintes du XIXe siècle et plus particulièrement aux complaintes dites judiciaires qui n’en finissent pas de surprendre !

« Venez jeunesse, pour entendre

L’histoire d’un vil assassin… »

Quand Pomarèdes, brigand guillotiné à Pézenas en 1843, mit le feu à sa maison en 1836 pour toucher l'assurance, qui aurait cru que son nom flirterait six ans plus tard avec le romantisme de Goethe ?

Les premières poésies se déclinent dans la veine des grandes narrations épiques héritées du Moyen-âge, aux élans lyriques et impressionnantes morales religieuses. Puis, dans la mouvance littéraire du siècle, en trame de fond, le romantisme s’immisce dans cette forme poétique narrative, liée à des destins tragiques. Arrive alors un vent de liberté, au diable le nombre de pieds ! Voilà même des refrains, prémices de la chanson moderne. La morale religieuse tombe la soutane pour devenir laïque et la justice des hommes s’impose. Chose extraordinaire, le doute s’installe dans la dernière complainte, quant à la nécessité de la peine de mort…

Que sont devenus les acteurs secondaires de cette l’affaire judiciaires ? Leurs destins après l'exécution...

Installée en Languedoc en 2005, autodidacte, passionnée d’Histoire et de patrimoine, Marie-Christine Matray a suivi des modules sur le Moyen-âge, les écritures anciennes et l’Histoire de l’Art à l’Université Lumière Lyon II.

Livres précédents : le symbolisme des heurtoirs populaires languedociens

                                Un castrum de l'an mil.

 

POMAREDES - LES EFFROYABLES COMPLAINTES DU XIXè siècle - livre mc Matray
POMAREDES - LES EFFROYABLES COMPLAINTES DU XIXè siècle - livre mc Matray
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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 16:37

le livre est paru en 2015, voir le lien  http://portesetheurtoirs.overblog.com/2014/03/maders-castrum-abandonne-du-xie-siecle-dans-l-herault.html

 

Le château de Maders (aujourd'hui Mazers) est situé sur la commune de Fontès dans l'Hérault,  l'étymologie de Fontès rappelle en latin et en occitan "font" qui désigne une source, une fontaine. La fontaine de Fontès est toujours réputée et il n'est pas rare d'attendre pour remplir son jerrican à la fontaine du village. Les ruines du château se trouvent sur la D174 entre Neffiès et Fontès. 

Fontès est à l'ouest du volcan du Céressou, les ruines de Mazers sont au pied du volcan des Baumes surplombant le ruisseau du même nom qui en descend.

       " Mazers s'affirme par les ruines de son château fort, larges remparts, debout sur un mamelon isolé...

                                 (l'Histoire de Fontès et de ses environs" de l'Abbé Bigot-Valentin)  

DSC02746  chateau et vignes  DSC02775.JPG

                             le volcan des Baumes                                                                      les ruines   

Le château ou plutôt ses ruines, s'élève sur une motte au pied du volcan en pleine campagne dans les vignes. Les ruines et auprès d'elles une croix, sont cachées par des grands arbres et peu visibles de la route, elles se devinent. C'est un lieu calme de garrigue, de vignes, de chênes verts et d'oliviers.   

mur-est-ronde.JPG   DSC02819.JPG

                                                      le mur Est

DSC02812  mur-sur-exterieur.JPG 

                                                                                              le mur Sud

 mur ouest (2) mur-nord.JPG

                                       le mur Ouest                                                                                   le mur Nord   

"Le castra de Mazers est mentionné par l'historienne Hélène Débax, comme  figurant parmi les douze châteaux (Mourèze, Mazers, Mourcairol, Carous, Roquebrun, Paulhan, le Pouget, Aumelas, Mourèze, Roujan, Vieussan et Abeilhan donnés en gage au comte de Barcelone. Extrait de" la féodalié languedocienne" link     

château de Mazers

Mazers, Maders ?

Aujourd'hui, si l'on dit Mazers, il n'en a pas toujours été ainsi. Sur la carte de Cassini (établie par César-François Cassini de Thury à partir de 1744 pour Louis XV link),  il est écrit MADERS.

Pour l'origine de Mazers, on peut lire dans "Toponymie du pays occitan" (B.Boyrie-Fénié et JJ Fénié)  que "macerias" désigne en latin des murs de pierres sèches ou des ruines. 

F.R Hamlin, dans son livre ''les noms de lieux du département de l'Hérault" écrit :  "du  "Castello de Madernis" vers 1059. Maders, 1770-2 (Cassini), prononcer Mazèr. Variante du terme probablement gaulois maderna "siphon" attesté dans une glose de Juvénal (Holder II, c.369). Les graphies jusqu'au 18è s conservent généralement le d intervocalique passé en z dans la prononciation dès le Moyen-Âge"".

Est-ce que l'occitan ne serait pas une raison de ce changement ?

Un peu d'Histoire

tegulae romaine (2)tegulae romaine (3)Après avoir abrité d'importants établissements gallo-romains comme les Pradesses et Carlencas, Fontès devint site wisigoth  link. Sur la plate forme en friche au sud du château, gisent encore quelques fragments de tegulae romaine qui attestent d'un habitat gallo-romain bien avant la présence des wisigoths qui séjournèrent au Vè s dans notre région, avant  les Francs et le passage des Arabo-berbères qui séjournèrent 50 ans en Languedoc.

Des archives aujourd'hui disparues furent étudiées par l'Abbé Bigot Valentin qui publia un livre en 1878.

 " Fontès avait alors pour étroite ceinture six autres villages ou hameaux, dont quatre eurent le titre de Prieuré, c'étaient : Mazers, Carlencas, La Pradesse, Fitou, Ceilhes et Bardins" et ""L'existence d'un donjon est  confirmée dès le Vès. à l'époque de la domination des wisigoths sur la Narbonnaise. Ce vestige a été le témoin de la Croisade contre les Albigeois et le saccage du Languedoc par l'armée des Francs. " Ext. Les mystères de Latude de JL Bessière

DSC02782.JPG

Au haut Moyen-âge, il est mentionné une chapelle voire même un Prieuré, un cimetière et quelques habitations autour du château que les habitants abandonnèrent pour se rapprocher de l'actuel village de Fontès et de son château, pendant la guerre de 100 ans et les guerres de religion. Au XIIè et XIIIès, le château de Maders sous domination des comtes de Carcassone-Razès et vicomte de Béziers fait partie du fief de Raymond Roger de Trencavel. Il fut confisqué par Simon de Monfort qui prit titres et biens et les légua à son fils Amaury. Celui-ci ne put le gérer en cette période très agitée et accablé de dettes, il céda le vicomté de Carcassonne et de Béziers en 1224, au Roi de France Louis VIII."C'est ainsi que Mazers, son donjon, le verger de pêchers et le champ d'orge attenants ont été rattachés à la vicomté de Pézenas"  Les mystères de Latude.. JL Bessière.

A la fin du moyen-Âge, le hameau est à l'abandon. Au XVIIIès, quelques pans de murs de la chapelle émergeaient encore des broussailles. D'apres les archives "une église paroissiale ayant cloche et fonts baptismaux"

"L'enceinte du village, que des recherches attentives nous ont permis de retrouver, accuse une population de cent âmes au moins" "Sur tous les actes officiels concernant les dépenses du Prieuré Ste Marie de Maders acquittés par son bénéficiaire le Cardinal de Bernis..." Ext. Histoire de Fontès. Abbé Bigot-Valentin.

"Cette église, Ste Marie de Maders dégageait un revenu conséquent. Le bénéficiaire en était le Cardinal de Bernis, évêque d'Albi" Pages d'Histoire de André François.

Sous Louis XV, un personnage s'est illustré qui revendiquait le nom de Jean-Henri Masers de Latude. Il passa 12163 j en prison à la Bastille, Vincennes, Charanton et Bicêtre pour avoir importuné Mme de Pompadour. Il connu le cul de basse-fosse et s'évada trois fois. Son origine n'a jamais été élucidée, fils naturel de Jeanne Aubespri, il a été baptisé à Montagnac le 26 mars 1725.link  Voir le livre "les mystère de Latude" de JL Bessière.

En prison, Masers de Latude écrivit ses mémoires avec son sang sur des matériaux de fortune link Il est resté un prisonnier célèbre pour ses évasions. Le comédien Francis Perrin a écrit un roman inspiré de son histoire "l'enfant terrible de la Révolution".

je relève cette mention sur les archives ecclésiastiques en ligne P.205 link

"CAUX : accord sur les dîmes entre Mgr de Bausset,
le chapitre et le prieur de N.-D. de Maders (1766-
1767). Limites des dîmeries- de Caux et de Maders (1764)."

La construction

Trois hauts pans de murs se dressent  face au Sud et le littoral méditerranéen. Au nord, seuls de gros  soubassements d'environ 1,5m subsistent. Au centre, une basse cour d'environ 600 m2.

  DSC02668  DSC02665

Ces murs sont à première vue très colorés, faits de gros blocs blancs et beiges d'origine sédimentaire et de blocs gris et bruns provenant de la lave basaltique des coulées volcaniques. Ils sont constitués de deux hauteurs de pierre remplies de gravas à l'intérieur, caractéristique des châteaux défensifs.

Un peu de géologie

Les matériaux utilisés ont été pris sur place ou à proximité. Ce sont des produits volcaniques du quaternaire et des roches sédimentaires du tertiaire. Entre ces blocs, le ciment est réalisé avec du sable link de rivière et de la chaux (présente à proximité en témoignent les nombreux fours à chaux exploités jusqu'au XVIIIès).

mur-sur-exterieur--3--copie-1.JPG  DSC02669   DSC02786.JPG        

Les roches volcaniques proviennent de l'érosion du cône du volcan des Baumes( 1,5 M d'années) :

-  des basaltes massifs de couleur noire, provenant de la coulée de lave. Ils renferment souvent des enclaves de péridotites vertes prélevées par le magma basaltique au manteau lithosphérique (à env.70km de profondeur) lors de sa montée vers la surface.

- des basaltes bulleux ou scoriacé issus du cratère.Bulleux parce que les gaz n'ont pas pu s'échapper lors du refroidissement.

- les tufs de retombées de produits d'explosion qui se trouvent à la base du volcan.

       basalte-dut-peridotite.JPG           basalte-alveole.JPG    tuf-lite.JPG

                       basalte avec péridotite                               Basalte bulleux                                         Tuf lité   

Les roches d'origine sédimentaire sont d'âge miocène moyen (env 14 M d'années)et principalement :

-  des grès siliceux à grain fin à ciment calcaire pouvant renfermer des grains de quartz

-  des grès conglomératique et des conglomérats à dragées de quartz

-  des calcaires coquilliers composés de débris de coquillages (huîtres...) consolidés par un ciment calcaire

 

        pierre-tendre.JPG           calcaire-coquiller-miocene.JPG            conglomerat-dragees-de-quartz.JPG

                       Grès siliceux                                     Calcaire coquillier                           Conglomérat à dragées quartz 

       gres-calcaire-conglomeratique--huitre.JPG         ciment.JPG           DSC02683

               une huître fossilisée                          Ciment avec du sable de rivière                             Le calage

Des pierres de calage s'observent plus particulièrement sur le pan Est où l'appareillage est moins structuré, dit de type "incertum" à la base et "assisé" au dessus (en lignes parallèles). L'ensemble  est plutôt "primitif" et de constater que les basaltes massifs beaucoup plus denses et plus solides que les roches sédimentaires auraient dûs être disposés à la base des murs pour leur donner plus de solidité.Il n'en a rien été, la construction s'est faite au fur-et-à-mesure de la collecte sur les terrains de proximité

Un lien sur les constructions de murs en pierre sèche link

On observe encore ...

La base de l'édifice est presque rectangulaire, seuls trois pans de murs (sud, est et ouest) s'élèvent, du mur nord il ne reste que les fondations. La basse-cour mesure environ 20 m sur 30m, sa longueur est N-S.

Les meurtrières

 Sur les pans Nord-est et Sud-ouest se distinguent des meurtrières, de simples fentes verticales dites "archères à étrier" apparues au XIIès, adaptées au tir de flèches peut-être avec arbalète.link

DSC02676.JPG mur-ouest-meurtriere--3-.JPG  mur-ouest-meurtriere--2-.JPG mur-est--3-.JPG                                                    de l'extérieur                                                                                         de l'intérieur

Sur le mur Est, tout en haut, un niveau supérieur en retrait donnant vue sur l'ancienne route de Fontès, un chemin de ronde ou courtine ?

DSC02674.JPG DSC02664.JPG

Une courtine et des gargouilles

Au même endroit, de l'autre côté du mur Est, trois gouttières ou gargouilles surplombent le chemin et évacuant l'eau de pluie de ce niveau supérieur.  Etait-ce une tour à ciel ouvert ? une courtine ? D'apres les études faites, le château médiéval avait des toits de bois. On distingue le sillon de la gouttière. Des textes anciens attestent d'un donjon à Mazers. La façade intérieure montre une lignée de trous de boulins (5), sûrement un plancher qui correspond à la meurtrière supérieure.

                               DSC02682.JPG              3-goutieres-et-profil-chemin-de-ronde.JPG   

                                       Une gargouille du mur Est                               Profil des gargouilles et de la courtine

L'Opus spicatum

La façade intérieure sud est couverte de lichens mais elle est la seule a présenter un appareillage en "opus spicatum" ou "épi de blé". Pourquoi ? Esthétique, répartition des forces ... ? ce mur serait plus ancien que les autres d'après un spécialiste.Ce mur sud est le moins protégé naturellement, est-ce que cela a un rapport avec cette construction particulière ? On retrouve des opus "piscatum" (poisson) cette fois-ci, sur un mur d'enceinte à l'est, sous l'ancienne église.

 

DSC02663  mur-sur-exterieur--3-.JPG

DSC02779-copie-1.JPGEn effet, ce mur sud à l' intérieur et plus encore à l'extérieur, présente sur plusieurs courtes séquences, une orientation oblique des pierres à 45° environ.  La disposition est plus ou moins régulière selon le savoir faire des artisans et la matière première disponible. Ces séquences ne sont cependant pas ici en arête de poissons.

"Cette disposition de pierres utilisée par les romains a été utilisée essentiellement par les Carolingiens et perdure dans l'architecture castrale jusqu'au XIIè s. "

Cette présence marque donc une construction relativement ancienne du Moyen-Âge, fin du premier millénaire-début du deuxième.link.

Escalier et porte

Toujours sur ce mur sud se distingue l'ébauche d'un escalier avec un décallage du mur (escalier ou support de plancher) et une ouverture de porte mais ce n'est pas certain.

escalier ...   mur sud porte  mur ouest boulins

                  les restes d'un escalier                                         La voûte d'une porte                   Les trous de boulins

Le mur Ouest  présente une meurtrière et plusieurs trous de boulins traversants ayant servis à échafauder. Beaucoup de trous de boulins sont observables, traversants et peu de borgnes.

Dans la basse-cour, un trou au sol d'un diamètre d'environ 1m, entouré de pierres: un puits, l'accès à une cave ? des fouilles ?

mur-ouest-copie-1.JPG  mur-ouest--3--copie-1.JPG   DSC02672      

                                              Les trous de boulin                                                                                   un puits ?

A l'Est, sous le chemin d'accès au château, se trouve un mur de soutènement en pierre sèche (sans ciment). Il présente lui aussi des séquences en opus spicatum et cette fois-ci en arête de poisson ! on dit alors piscatum.

  mur extérieur est (2)    mur-exterieur-est-copie-2.JPG   mur extérieur est (5)

                        opus spicatum en arrête de poisson                                                         la vigne

Est ce que le XXIè s verra Mazers s'effondrer dans l'indifférence malgré son passé ancien ? nous lui souhaitons un mécène, amoureux du patrimoine et souhaitant faire connaître son histoire... 

Comme beaucoup d'autres communes de l'Hérault, la vigne est apparue à Fontès entre le 1er et le 2ès et représente ici 95% des cultures.  La cave coopérative de Fontès produit un très bon vin de cépages Syrah et Grenache : le "Château Mazers" (médaillé d'or en 2009) où la nature du sol n'est pas étrangère à la qualité.link

Une autre très bonne cuvée est celle du "Latude". Mazers et Latude sont les noms de famille des propriétaires du XVIIIès. (les seigneurs de Vissec de Latude) A déguster avec modération   

Ce village possède aussi une splendide église du XIIIès inscrite à  l'inventaire des monuments historiques. Voir le site de la mairie link

merci à Ramon Capdevila (géologue) pour ses explications, à Jean-Louis Bessière qui a publié "les mystères de Latude" et à Mr Burgos de Fontès.

les photos : mc matray

mur est rondemur-sur-exterieur--2-.JPG    mur-est--22-.JPG

Le château de Maders (Fontès-34)

Le château de Maders (Fontès-34)

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 18:11

Cette étude personnelle porte sur le graphisme du denier Melgorien appelé aussi denier de Melgueil, sol melgorien ou monnayage des Evèques de Maguelonne. Elle aidera à lire et expliquer cette légende dite "dégénérée" et à étudier une lettre en particulier, le S.

Une invitation aussi à recueillir les avis d'historiens et numismates spécialistes des monnaies féodales en ce qui concerne un fragment de monnaie trouvé au nord de Beziers et difficilement identifiable...

les sources :

- le "nouveau manuel complet de numismatique du Moyen-âge et moderne" de A. de Barthélémy

- les "mémoires sur les anciennes monnaies seigneuriales de Melgueil et de Montpellier"

- le "traité des monnaies des prélats et barons de France" de Tobiesen Duby

- "les monnaies féodales" de Justin Poey d'Avant

- "description des monnaies féodales françaises" de P. d'Avant

- les "publications de la société archéologiques de Montpellier"

- "l'art de vérifier les dates des faits historiques" de F. Clément

- "les monnaies féodales" Clairand-Prieur.

- le site de numismatique cgb.fr link

- le site de numismatique "sacramoneta" link

- le site Monnaie féodale d'Oc link

Fragment de pièce d'argent trouvé en terre Languedocienne, à 40 km au nord de Béziers :

              DSC01650.JPG        DSC01873.JPG

De suite de conclure à un denier de Melgueil. Mais voici ci-dessous un denier de Melgueil comme il est connu des numismates du Languedoc. Il y a des différences flagrantes.

                                1.denier_17-9mm_0-97g_b.JPG    1.denier_17-9mm_0-97g_a-1.JPG

                                                          Denier melgorien argent 17,9mm 0,97g

Le revers : quatre annelets et la légende N A I D O N A, seul le cercle extérieur est de grènetis

L'avers : une croix composée d'une fasce (pointée) et deux mitres, le légende I A I M V N O S, seul le cercle extérieur en grènetis

La ressemblance évidente est la croix caractéristique de la monnaie melgorienne : une fasce (ou pâle) et deux étendards (ou mitres) et le besant.(monnaie d'or de Byzance introduite en occident à la période des croisade, voir lien link)

Les différences: ce n'est pas un fragile billon qui se plie facilement (alliage d'argent et de cuivre) mais du bon argent brillant à la patine noire. Le cercle intérieur est de grènetis et non lisse. Et même si le revers est quelque peu brouillé, on distingue une croix et au moins un annelet.

Le fragment laisse présumer un diamètre de plus de 20mm. L'écriture apparemment n'est pas dégénérée mais le "S" est couché.

"La monnaie de melgueil est l'une des monnaies les plus célèbres et des plus utilisées dans le Languedoc médiéval. " (Voir le site Sacra-Moneta link)

L'historien Justin Poey d'Avant dans son livre  "les monnaies féodales de France" (1860) que l'on considère comme la bible des numismates en monnaie médiévale, écrit que cette monnaie est mentionnée dès 949 dans une charte et "l'on suppose que la première émission a du devancer cette date d'assez loin".

Ce livre est en ligne, "les monnaies féodales de Poey d'Avant" link

Tous les historiens sont d'accord pour dire que le système monétaire du IX eu XIV donne 'l'impression d'un inextricable désordre"  d'ailleurs monnaies royale et féodales circulaient en même temps...                         

Avant d'aller plus loin, un petit résumé sur l'histoire de Maguelonne, le comté de Melgueil et sa monnaie : :

 

Maguelonne :

La fondation de Maguelonne remonte à la domination wisigothe.Son évêché date du milieu VIè (550). Les Sarrasins en furent chassés par Charles Martel et la ville fût ruinée en 737. Ses évêques se réfugièrent dans une bourgade voisine du nom de Substantion (supposée aujourd'hui Castelnau le Lez). Les romains l'avaient ainsi nommée Sextantio pour être la sixième station relai, depuis les Pyrénées, sur la voie Domitia.

Maguelonne, autrefois une île dans des étangs, est devenue Mauguio aujourd'hui, une commune proche de Montpellier en Languedoc-Roussilon et Substantionn n'existe plus. Justin  Poey d'Avamelgueil de Susbtantion (de Poey d'avant)nt présente dans son étude un exemplaire de la monnaie frappée à Substantion, ceci en accord avec l'historien Duby (et en désaccord avec M. de Barthélémy qui l'attribue à l'abbaye de Ste Marie de Saintes).

"Les comtes de Melgueil avaient un atelier de frappe à Substantion".

Le revers porte deux annelets et deux croissants.La légende : CTVSII CAITILLIS (d'où l'hypothèse de Castelnau)

L'avers, la croix cantonnée d'un besant.  La légende : SVCTANTIAI

(La croix n'a pas le pâle et les mitres,le cercle intérieur est de grènetis) 

Les évèques restèrent trois siècles à Substantion et Maguelonne devint un tas de ruines dans les étangs. Les comtes de Substantion prirent le titre de comte de Melgueil.

En 1040, l'évêque Arnaud 1er (Sixième évèque de Maguelonne) décide de réintégrer Maguelonne et de rebâtir l'évêché. Un pont en bois d'un kilomètre est construit entre l'île et la terre. La ville fortifiée devient siège épiscopal et sa cathédrale la deuxième après Rome. Jusqu'en 1500, on l'appellera l'île des évêques.

Maguelonne rayonne et son port rivalise avec Marseille alors que Agde et Narbonne déclinent. C'est un grand port de pêche, principalement pour le thon et la sardine.

A la fin du XIIIè, Pierre d'Aragon possède le Roussillon, la Catalogne et le Languedoc. Son fils Jaime 1er, roi d'Aragon en 1214, est aussi seigneur de Montpellier de part sa mère Marie de Montpellier.

En 1536, Montpellier, la cité voisine en plein essor recueille l'évêché. Les guerres de religion vont porter un coup à Maguelonne, les  protestants s'y réfugient en 1562 et Richelieu ordonne son démantèlement.

 

  Le comté de Melgueil :

Le comté de Melgueil était l'ancien comté de Maguelonne avant que les comtes n'abandonnent  l'île à l'arrivée de Charles Martel en 737 pour Substantion. Les comtes de Substantion prirent le titre de comtes de Melgueil du nom d'un château "Melgorium" situé sur un étang communiquant avec Maguelonne. Bernard 1er était comte de Melgueil et de Substantion. Le comté avait le privilège de frappe de la monnaie melgorienne.

En 1172, le comté de Melgueil passe à la maison de Toulouse.

En 1211,  lorsque Raymond VI, Comte de Toulouse, prend parti pour l'hérésie albigeoise, le Pape Innocent III confisque le comté de Melgueil et en avril 1215 (date de la bulle pontificale) le place sous suzeraineté de l'évêque de Maguelonne, Guillaume d'Autignac.

Désormais les  évêques prennent le privilège de frappe de la monnaie jusqu'au milieu XIVè. Au traité de Meaux en 1229, curieusement les terres de Raymond VII reviennent au roi de France, Saint Louis, sauf les terres de Melgueil et l'évêché qui restent au pape.

 

La monnaie de Melgueil

Sa création vient de l'affaiblissement du pouvoir central carolingien qui possédait l'exclusivité royale en matière monétaire. Aux IX-Xè, les comtes auparavant nommés par le pouvoir central, se sont rendus indépendants en usurpant le droit de battre monnaie en leur nom. Ils choisirent les types de monnaies ayant le plus de crédit auprès du peuple, et donnèrent aux lettres un aspect indéchiffrable (P. d'Avant) d'où le qualificatif de légende dégénérée ou barbare .

La monnaie de Melgueil est l'une des plus célèbres monnaie féodale du Languedoc avec grand succès au XII et XIIIès. Elle est émise en grande quantité et son poids et son titre ont plusieurs fois été modifiés. Sa zone d'utilisation va d'Avignon, Mendes, Rodez, Cahors, Toulouse, Perpignan, Montpellier et Arles.

Comme les autres monnaies féodales d'argent, elle appartient au système monétaire du denier hérité des romains. Les carolingiens avaient abandonné la frappe de l'or des Mérovingiens. 

Son privilège de frappe est difficile à reconstitué, tant les concessions de frappes sont nombreuses et les ateliers différents. Les évêques vendirent une partie de leur droit de frappe aux seigneurs et consuls de Montpellier début XIII (Barthélémy).

1215, le monnayage comtal devient épiscopal. Aucun évèque de Maguelonne n'a inscrit son nom sur la monnaie (Poey d'Avant)

1272,  Montpellier est devenue propriété des rois de Majorque et d'Aragon. Jaimes 1er, seigneur de Montpellier et roi d'Aragon, fils de Pierre d'Aragon, donne le droit de frapper monnaie aux armoiries de la ville et au nom du roi, c'est le "gros montpellierain" frappé en 1273. Jaimes III revendit la ville en 1343 au roi de France Philippe de Valois. 

La monnaie meurt à la fin du régime carolingien,  le pouvoir central capétien récupère peu à peu le droit de battre monnaie.

En 1292, Philippe le Bel restreint au diocèse le cours de la monnaie et  plus tard Philippe le long réserve au roi de France, seul, le droit de battre monnaie dans la baronnie de Montpellier. La monnaie sombre au profit de la monnaie royale et devant l'unification monétaire du royaume.

L'histoire du graphisme de Melgueil

Le graphisme de type royal carolingien est la croix chrétienne légèrement pattée avec le nom du roi à l'avers, au revers le lieu et quelque fois un monogramme.

Charlemagne apporta à la monnaie un graphisme plus artistique et des lettres mieux formées.

                                         CHARLES.jpg            CHARLES chauve                    

                                                                Denier de Charles le chauve

Pour l'historien M. de Barthelemy, les comtes de Narbonne (en particulier Milon vicomte amovible) adoptèrent les types de Louis le Débonnaire et de Charles le Chauve (ci-dessus) jusqu'au Xès et frappèrent monnaie à leur nom. 

A Narbonne, c'est le type de Toulouse qui est adopté mais la substitution est progressive et les deux monnaies se côtoient dès le Xès (B. Fillon) jusqu'au XIè où il semble se stabiliser.

                                        bfe 269523 R 1ernarbonne cgb

                                                        Denier de Raymond 1er de Narbone

Le denier de Raymond 1er de Narbonne pourrait avoir servi  de prototype à la monnaie de Melgueil puisque l'on retrouve  Narbonne et  Raymond, la croix avec un besant et les annelets. Il s'agit d'une reprise de monnaie car la monnaie de Melgueil n'a jamais eu d'atelier à Narbonne.

Le personnage de Raymond n'a pas été clairement identifié et selon les historiens, il pourrait s'agir de  Raymond 1er Vicomte de Narbonne ou Guillaume-Raymond, premier évèque-comte de Melgueil ( M. de Barthelemy). Le mystère subsiste à ce jour.

A la fin du XIès le graphisme de la monnaie est stabilisé. Les ateliers improvisés sont souvent précaires à cette période et les frappes rudimentaires. Les légendes sont dégénérées et varient très peu.

On peut lire à l'avers:  RIMVNDS, RAIMVNO ou ici IAMVNOS et pour Narbonne : NARBONVS, NARBONA, NAIOBONA ou ici NAIDONA.

Certains spécialistes parlent de légendes fantaisistes, que l'on n'identifie pas et que l'on pense totalement inventées. 

Les légendes barbares ou dégénérées

                  Graphisme-et-legende-copie-1.jpg

 

Pour Poey d'Avant, c'est clair,  il faut distinguer la monnaie des comtes de Melgueil de la monnaie  des évêques de Maguelonne

"il y a lieu à établir une séparation assez bien tranchée entre les monnaies frappées par les comtes de Melgueil et celles qui appartiennent aux évêques"

Selon lui les modifications ont été apportées après le passage de prilivilège des comtes aux évèques dès 1211.

"A Maguelonne, toujours selon moi, l'emprunte ne fut pas d'abord sensiblement modifiée. Ce ne fut que plus tard que la croix fut convertie en pâle, accosté au milieu de deux pennons. Plus tard encore ces deux derniers signes eurent la pointe émoussée"  "les caractères qui composent les légende ont cette forme étrange que nous avons vue sur un denier de Béziers"

Extrait de son livre "les monnaies féodales"où il explique :

les "Melgueil"  :

Revers à quatre annelets mais à  l'avers la croix n'est pas la fasce et les mitres mais pattée dite de Toulouse (occitane voir le lien link) :

poey-d-avant-Raimunos.jpg   Poey-d-Avant-Melgueil-15-Raimunos--.jpg  Poey-d-Avant-Melgueil-16.jpg

         RAIMVNOS       NARBONVS                       RAIMVNOS   NARBONA                   IAMVNOS     NARBONA

les Maguelonnes : Le revers a les annelets et l'avers la fasce (ou pâle) et les mitres(ou étendards)

poey-d-avant-Mel-Maguelonne-17-IAMVNOS.jpg  poey-d-avant-Mel-maguelonne-19-Raimvnos.jpg

            IAMVNOS                              NAIDONA                                        RAIMVNOS                            NARBONA

DSC01650

Si l'on valide la théorie de Poey d'Avant, le denier d'argent trouvé serait un prototype de la Maguelonne.

Prototype par la qualité de l'argent (la maguelonne est un billon) les grènetis du cercle intérieur comme le type carolingiens, les lettres peu ou pas dégénérées avec le S couché.

Les Maguelonnes auront plus tard ce "S" très particulier, souvent divisé en deux parties.

Certains numismates distinguent des étendards puis des mitres plus ou moins bombées. 

 

La transformation du "S"

Ce qui m'interpelle le plus est la transformation progressive du "S" et en particulier lors du changement de légende dès 1211.(Poey d'Avant)

transformation-S---1-charles-le-chauve.jpg transformation-S---2--Raimundus-.jpg transformation-S---3-couche-maguelone--a-identif-copie-1.jpg melgueil-poisson-oeil.jpg poissons-degenere-1-copie-1.jpg

Charles le Ch.   Raimundus   Maguelonne Evêques Maguelonne des Evêques   Maguelonne des Evêques

S droit                 S droit             S couché                         S en poisson (oeil)               S en poisson dégénéré

et grènetis         et grènetis     et grènetis                       cercle lisse                             cercle lisse

                                                            DSC02331

                          Quand le "S" droit se scinde, déjà l'ébauche du "S" de Melgueil apparait

Sur les deniers du type carolingien, le "S" est droit ( Charles le chauve ci-dessus), il apparaît couché sur la monnaie de Melgueil (exemplaires de Poey d'Avant) et le plus souvent en deux fragments séparés sur la maguelonne épiscopale.

Après la cassure du "S", apparaissent deux fragments au graphisme particulièrement identifiable sur certains exemplaires. 

poissons-melgueil-3.jpg     poisson-degenere-3-copie-1.jpg       poissons-melgueil-bis-net.jpg    melgueil poisson oeil   

 

Il est évident que ce type de "S" représente dans sa partie supérieure un poisson,  la partie inférieure restant  toujours très effilée.

Sur le premier, se distinguent les nageoires pectorale et anale, la nageoire caudale très échancrée rappelle celle de certains poissons (le thon?)

                                                     melgueil-poisson-oeil-copie-1.jpg

Sur le deuxième graphisme, l'oeil et sa pupille sont  bien visibles, la bouche grande ouverte, la queue très échancrée.

Ci-dessous, des modèles de poisson dégénéré :

  poisson-degenere-3.jpg      poisson-degenere-2.jpg   poissons-degenere-1.jpg   IAMUNOS-detail-poisson-degenere.jpg        

C'est sur les maguelonnes des Évêques que le "S" se transforme, il devient  un poisson, plus ou moins bien identifiable. Cela n'est pas sans rappeler le symbole chrétien de l'idéogramme ICHTUS "Jésus Christ fils de Dieu, sauveur". Le poisson  est le symbole christologique du repas eucharistique. Dans les catacombes, les poissons sont un signe de reconnaissance chrétien. 

Faut-il y voir une volonté de l'épiscopat au changement de frappe ?

Est-ce une pure fantaisie de monnayeur ?

Double symbole, chrétien mais aussi de l'important port de pêche qu'est devenu Maguelonne au XIè et XIIè.

 

Peut-on conclure que le graphisme identifiable s'est dégénéré et que selon la rigueur des ateliers et des monnayeurs, le dessin initial n'a pas toujours bien été compris et reproduit ?

"Il existait d'importantes variations dans la frappe des monnaies sorties d'un même atelier et à plus fortes raisons entre des deniers battus dans des ateliers différents" (Sacramoneta) 

A ce jour, je regarde la monnaie de Melgueil avec une attention particulière pour ce "s", sa teneur en argent et les grènetis. Cette monnaie si répandue dans le Languedoc des XIè et XIIè semble garder encore quelques mystères.

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 14:17

photos de marie-christine matray

Un regard curieux sur Vieussan...

DSCN4050.JPG

Vieussan est un village perché sur un versant sud d'un méandre de l'Orb, entre les gorges d'Héric et Roquebrun, au pied de sa tour féodale et dominé au loin par le massif du Caroux.

                              village-vue-de-l-Orb.JPG             aloe-Vieussan-bis.jpg

 

   Cet article, après quelques photos de présentation générale, concernera particulièrement le petit patrimoine discret du village, celui que l'on découvre en parcourant les ruelles du village en visiteur curieux et observateur ...

Ruelles caladées de galets roulés dans l'Orb, heurtoirs, serrures, poignées et vieilles portes, lavoir, jardins, bergerie, chapelles mais dans leurs détails... Ainsi que d' autres petites choses ou images insolites à découvrir au gré des flâneries pour le plaisir de partager ce patrimoine.  

Vieux-pont-Vieussan.JPG  DSC00991

              côté sud, le pont de Vieussan sur l'Orb                                        côté nord, le Caroux     

DSC01237.JPG   DSCN4029.JPG

                         plage de l'Orb en automne                                                                  le village et l'Orb    

   DSCN3933.JPG       VieussanDSCN3932--4--copie-1.JPG      VieussanDSCN3932--10-.JPG                                                                                      les ruelles    

    DSC01248 bis      DSC01249      DSC01285.JPG

                                                                                Les voûtes et les calades

          DSC01345.JPG     DSCN4526-copie-1.JPG

                                L'église St Martin                                                            Le chemin de la tour

                      DSC01357          DSCN4046.JPG                                                                 l'ancienne église et le cimetière                           Le roc traoucat   (le rocher troué)           

Maintenant approchons-nous des rues de plus près...

    DSC01251.JPG    VieussanDSCN3932.JPG

                         Calade de pas-de-porte                              Grande dalle en gneiss du Caroux (ancien menhir ?)

   DSC01266.JPG       petite-tete.jpg       DSC01323.JPG       

             Un mur très ancien à la patine ocre                     pierre énigmatique     Meurtrière, témoin du XII ou XIIIè

          figues de barbarie 4-copie-1           DSC01356          DSC01391.JPG

                                                                         Terrasse sur deux voûtes                                  

                                        DSC01350-copie-1.JPG          DSC01350 detail    

                                              Conglomérat de galets schisteux dans du tuf calcaire                                                      

    DSC01362-copie-1.JPG     DSC01369-copie-1.JPG      

                                                                            Pierres en "opus spicatum" 

                                  linteau I A              DSC01286.JPG           

                                        Inscripition à élucider                 Pierre foyère à la croix (chez un particulier)

                     DSC01268       DSC01269.JPG

                            Magnifique pierre foyère en demi-lune                 Escalier en encorbeillement

                      DSC01267.JPG       DSC01261.JPG

                             Dalle en saillie sous une fenêtre                         Anneau forgé d'une seule pièce

                      DSC01272.JPG       DSC01273.JPG  

                                      Chattière ronde                                                  Ferronerie d'un vieux portail

  DSC01255      DSC01337.JPG

         Pierre blasonnée de 1612 en calcaire local                                  Plaque publicitaire d'assurance

                     DSC01283.JPG             DSC01347.JPG

                                                               Linteaux avec clé en marbre de Tarassac                      

                    DSC01314                 DSC01257-copie-1.JPG                            

   Marbre de Roquebrun gravé 1804   AN 13   F.G          Linteau en marbre (veiné rose) de Roquebrun         

 

                            DSC01258-copie-1.JPG                   DSC01259                 

        Ouvertures en travertin de Camps, en calcaire bleu de Vieussan et en marbre de Tarassac    

                                                                DSC01276

 En occitan, ce type de ferronnerie est appelé : "Estripa cats" lire estripo cats, traduire par "écorche chat"

DSC01271                                             Fenêtre dont le linteau est une pierre non taillée en calcaire de Vieussan.

Les montants sont en gneiss, pierre du Caroux, ce sont des galets charriés par l'Orb et retaillés par l'homme.

                                                    L'appui récemment remplacé est une pierre de Madalle. 

      DSC01281      DSC01284.JPG    poignee-XIXe.jpg   

    Banc avec une dalle en calcaire bleu de                             Anneau de porte                     Poignée XIXè          

                                         P-Vieussan-1-copie-1.JPG                   ZP-vieussan.JPG   

                                            Heurtoir ou pendeloque                          Heurtoir zoomorphe XIXè

                     DSC01312.JPG          VieussanDSCN3932 (3)

                            Cheminée d'inspiration sarrasine                   Bugadier ou jarre à lessive XVII ou XVIIIè

            DSC01318                DSC01348

                   Croix tréflée en fer forgé du XVIIIè.                 Revers du coeur: les trois clous symboles de la crucifixion  

Au dos, derrière le coeur (symbole de la Passion) central figure la date de 1789. Cette croix est une croix de mission. Après la révolution de 1789, l'église catholique au XIXè envoie des missionnaires pour prêcher à nouveau l'évangile dans les villages. Une croix de mission était érigée à cette occasion, ici en 1862, date gravée sur le socle en pierre. 

L'église St Martin , ses fresques ...

      DSC01374.JPG      DSC01376.JPG     DSC01375     

                      DSC01380.JPG          DSC01381.JPG        DSC01379.JPG

                                    St Martin                                        St Roch                                      Le Christ      

                      DSC01383.JPG          DSC01378-copie-1.JPG        DSC01384.JPG

                                    St Roch                                        La Vierge                                Cloche de 1827

                 DSC01341.JPG              DSC01331.JPG 

                                                                               Anciens fours à pain

                 DSC01360              DSC01368-copie-1.JPG

                            Le bénitier de l'ancienne église                                     La trémie à châtaignes

 

                DSC01324.JPG               DSC01327.JPG

                                                                       Portes en fer et fonte du XIXè

Descendons au bas du village, aux jardins de la rivière...

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                                          Le lavoir ou Caudier (en occitan : source d'eau tiède) et ses sept places

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                                                             La cabane du passeur sur la berge de l'Orb 

                DSC01364.JPG    DSC01292      pot-vert.jpg  

                                                                     Puisage avec une pompe à chaîne

  DSC01295   DSC01296   DSC01293.JPG

                                             et irrigation des jardins potagers par le système des tannes

          globulaire Vieussan.     DSC01351    DSCN3043.JPG     DSC01370.JPG  

 

 

                            DSC01387-copie-1                     DSC01365.JPG                   

                          Au pied du village, la croix du Chaudier              En haut du village, la croix du Pé-destrech

                                    (ancien chemin du lavoir)                                                (passage étroit)  

DSC01245.JPG                                                          Arc-en-ciel sur la "tête" du Caroux vu du haut du village

 

Merci à José Fornells pour les précisions apportées aux légendes de cet article.

un regard curieux sur Vieussan et son patrimoine

un regard curieux sur Vieussan et son patrimoine

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 16:57

Au bas de la rue de l'Evêché à Caux, petit village de l'Hérault, il reste sur un mur à l'emplacement comparable à celui d'une plaque de rue, trois anciens carreaux que l'on pense en faïence du XVIè et qui seraient attribués au potier Pierre Estève de Pézenas du XVè siècle, d'après les études de la DRAC. Ces carreaux interpellent les promeneurs lqui les regardent avec curiosité. Cette rue de l'Evêché monte droit à l'église de St Germain-St Protais, située dans le centre historique..

                                   rue de l'Evêché              rue-de-l-veche-panneau.JPG

Mais que veulent dire ces trois carreaux ? Ont-ils fait partie d'un ensemble ou n'ont-ils toujours été que trois ? Leur énigme n'est pas vraiment élucidée...

En regardant bien, il semble qu'il y ait un fil conducteur dans les symboles de cette petite frise ? Une frise de trois... comme la trinité ?

              Trois-carreaux---Caux.jpg

 

- le premier carreaux représente un coq coloré de fière allure, tourné  vers la gauche, regardant vers l'église, le bec ouvert, il chante.

- le deuxième : une tête d'ange reconnaissable à ses deux ailes, regardant vers la gauche, vers l'église.

- le troisième : un cheval blanc harnaché mais sans cavalier, les pattes levées en diagonale  indiquent un trot. Il chevauche aussi vers la gauche, vers l'église.

Mais qui a-t-il donc à gauche si ce n'est l'imposante église du XIIIè qui domine de toute la hauteur de son clocher-donjon la rue de l'Evêché ... 

Recherchons dans les symboles principalement dans notre culture judéo-chrétienne :

- Le coq, symbole solaire, annonce le lever du soleil. Il représente la résurrection chez les chrétiens. Son chant annonce le jour nouveau comme le chrétien annonce le jour où le Christ reviendra.

- L'ange, ici un "ange de lumière" est un messager du Seigneur. Le protecteur de la vie. 

- Le cheval est un messager aussi, il est blanc c'est un symbole solaire, de pureté. Le cheval blanc dans l'imagerie populaire est le cheval des sauveurs (Henri IV, le Prince charmant...) Mais aussi des prophètes dans notre culture chrétienne, le blanc est la couleur divine associée à Dieu. Jésus Christ est parfois représenté sur un cheval blanc.

 

Ce n'est sans doute pas un hasard si ces trois carreaux placés à l'angle de la rue de l'Evêché et de la circulade des Puits Alliés montrent la montée directe vers l'église.

Les trois représentations regardent vers la gauche, peut-on aller jusqu'à dire que la chronologie de l'ancien testament dans la conception des cathédrales est respectée ?

Que conclure sinon à un message à connotation très probablement chrétienne annoncant la venue du Christ et indiquant "la "maison du Seigneur, notre Sauveur".

C'était juste une idée...d'après une étude de l'iconographie dans l'Art.

 

 

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Published by marie - dans culture
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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 17:43

 

herault-Montagnac-Clocher-27x41-copie-1.jpg              couleurs mexicaines blog

    AVANT    (le clocher de Montagnac)          APRES    (couleurs mexicaines)

 

Aller à l'essentiel et prendre du recul est le secret de l'abstrait. Que ce soit un fonctionnement de naissance ou acquis, le résultat est le même, faut- il encore pouvoir y parvenir.

 

J'ai longtemps réfléchi  aux raisons et à la manière de peindre abstrait. Voilà que la lumière s'est faite en quelques heures suite à une conférence sur Nicolas de Staël et tout est devenu clair. Sans doute que j'étais prête au bon moment et que j'ai entendu les phrases qu'il fallait. Toujours est-il qu' à ce jour, je ne trouve plus vraiment d'intérêt à peindre ce que je vois. Le figuratif me semble "désuet" et aussi plus facile car il est basé sur une copie exclusivement (la nature, un portrait...). Je tournais dans un labyrinthe sans fil d'Ariane. Je recommençais toujours le même rituel, avais-je des T.O.C  ?

 

Le cap est passé et l'abstrait est et "fait évoluer dans"  une autre dimension où l'espace est infiniment plus grand et les possibilités sans fin. Ce qui n'est pas négligeable dans ce monde  !

C'est le royaume du spirituel, de l'imaginaire et d'une immense liberté, du jamais atteint autrement dans les formes allégoriques et symboliques du figuratif quel qu'il soit dans l'Histoire de l'Art.

C'est de l'intime aussi mais exprimé en "brouillé" pour les autres, avec une technique à soi.

C'est du brut à l'état pur, sans édulcorant, du ressenti sans la vision.

Qu'il faille décoder pour être compris, je trouve que c'est assez excitant . L'abstrait, c'est un bal masqué ! Qui saura découvrir ?

Pouvoir exprimer ce que l'on veut à l'extrême est une libération émotionnelle très satisfaisante, l'abstrait est un défit !

D'autant plus, si l'on est pas compris, il y a de l'humour dans l'abstrait ! 

Si la réalisation est artistiquement harmonieuse, pourquoi vouloir plus ? La reconnaissance n'est pas la seule motivation de l'art de même que la copie de la réalité..

Attention; arriver là, ne veut pas dire que tout est facile. Il faudra du travail, des idées et de la persévérance pour donner une forme à cette prise de conscience...

Apprendre à s'analyser aussi pour que l'expression artistique "sonne juste",  dans l'esprit de Nicolas Boileau : "ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément"

 

Alors j'explique...

 

Les peintres abstraits ont-ils peint figuratif ?

Picasso, Braque, de Staël... ont ils peint figuratif ?

Pourquoi et comment passe-t-on du figuratif à l'abstrait 

Un enseignant m'a dit "il y a un "truc" pour comprendre, une démarche à faire ...

Est-ce une évolution ?

Monsieur X peint des sous-bois. Depuis 10 ans, M.X peint des sous-bois... Pourquoi ?

Conclusion

Rien n'arrive inopportunément. 

Petites astuces

Plus avec les neurones qu'avec les yeux

 

Réfléchissons...

 

site en cours

 

INTRODUCTION  

D'abord il faut définir "figuratif" et "abstrait" pour partir sur les mêmes bases de réflexion;  Que dit Monsieur Larousse, de l'art, à ce propos :

Figuratif  :  ce dit d'un art qui s'exprime au moyen de la réalité extérieure. En opposition à abstrait ou non-figuratif.

Abstrait : un art qui rejette la représentation du réel tangible, que celui-ci ait été pris comme point de départ et soumis à une opération d'abstraction ou non.

 

Un peu d'Histoire....de l'Art

Jusqu'au XIXè, la peinture figurative domine l'art pictural, Gustave Courbet déclare en 1866  :

"La peinture est un art essentiellement concret et ne peut consister

que dans la représentation des choses réelles et existantes"

Seulement les choses ont changées ...

L'expression abstraite est apparue au XXè s et ce n'est pas un hasard si c'est aussi le siècle de la découverte de la relativité et de la psychanalyse. L'image qui jusque là était une réplique de la réalité prend une autre dimension et devient une affaire personnelle : les choses ne sont pas toujours comme on les avait imaginées et la première évidence n'est pas toujours la réalité. La photographie est une avancée technologique qui se joint à ce mouvement de nouveautés. Elle a une part importante lorsque l'on voit les carrés fragmentés composant  une photo  en très gros plan et le tableau de Cézanne ci-dessous on ne peut que faire un rapprochement...

Voilà ce que découvre l'homme du XXè s.et sa vision du monde va changer.

 

Parce que l'homme découvre l'infiniment grand de l'univers et l'infini petit de l'atome (Einstein), parce que la psychanalyse (Freud) explique la complexité de la pensée et du comportement ; la peinture va s'ouvrir à une nouvelle expression dans  une réalisation ou le réel n'est plus la recherche primordiale.

"De plus en plus, on peint ce que l'on ressent et de la manière que l'on veut."

Si précédemment, la commande était le moteur essentiel du peintre, aujourd'hui celui-ci se réalise seul et s'expose à la vente.

sainte-victoire-lauves.jpg

En architecture, l'Art Nouveau et l'Art Déco ont à leur façon aussi annoncé cette formidable ouverture d'esprit et cette prise de conscience est particulièrement vive après la deuxième guerre mondiale. Le monde a changé, il faut reconstruire.

"En peinture, on a le droit de tout essayer

mais à condition de ne pas recommencer" Picasso 

Les précurseurs :

Tout à commencer vraiment avec les impressionnistes qui se détachent de la forme réelle pour développer l'impression. Puis les fauvistes donnent la priorité à la couleur et les cubistes voient le volume des sujets. Ces priorités mettent le "réel" en arrière plan. Dès le début du XXè, le cubisme exprime cette nouvelle façon d'occuper l'espace pictural. Il bouleverse la perspective, instaure des volumes...Braque, Picasso, Léger... mais le grand annonciateur est surtout Cézanne qui se présente comme peintre - charnière. Cézanne écrit en 1904, après avoir peint  "la montagne Ste Victoire vue des Lauves" ci-contre :"

On n'est ni trop scrupuleux,ni trop sincère, ni trop soumis à la nature ;

mais on est plus ou moins maître de son modèle et surtout de ses moyens d'expression"

"je suis le primitif qu'un nouvel art"

Pus tard, l'abstrait s'affranchira totalement de la réalité visuelle.

Regarder par exemple les oeuvres de Georges Braque (les usines du Rio-Tinto-1910), Fernand Léger (Contraste de formes-1913), Pablo Picasso (le guitariste-1913) ou Juan Gris (Nature morte fruits et mandoline-1919) 

Juan Gris 003

Picasso le guitariste 1910

Braque-1910-les-usines-de-Tinto.jpgFernand-Leger-contraste-de-forme-1913.jpg

Question 1 : Les peintres abstraits ont-ils peint aussi figuratif  ?

Oui, le plus souvent. C'est sans doute parce qu'ils maîtrisaient et validaient ce figuratif qu'ils pouvaient passer à autre chose.

Regardons quelques exemples :

- Braque : un début fauvisme pour aller vers le cubisme.

                      georges-braque-bord-de-mer                      georges-braque-bateau-de-peche             

- Picasso " première communion" - 1895-96, "l'homme au chapeau melon" - 1915 et "jeune fille devant le miroir" - 1932 du cubisme au surréalisme.

           1895 Premiäre communion 5               homme au chapeau melon -1915               jeune fille devant un miroir 1932               

- Nicolas de Staël "portrait de Jeanine" - 1941 et "le parc de Sceaux" - 1952

                                 jeanine41p DE STAEL 1941                       de-stael parc de sceaux 1952     

La meilleure définition de l'abstrait en peinture me semble être celle de Michel Seuphor,  citée dans l'introduction de Michel Ragon de  'l'origine du développement de l'art abstrait" :

 

"J'appelle art abstrait tout art qui ne contient aucun rappel, aucune évocation de la réalité observée, que cette réalité soit ou ne soit pas le point de départ de l'artiste."  

 Cette définition semble plus restrictive que celle du Larousse.

 

Question 2 : Pourquoi et comment passe-t-on du figuratif à l'art abstrait ?

 Si l'on met en parallèle l'évolution de la société du XXè qui découvre de nouvelles perspectives à celle personnelle de l'artiste qui dans sa vie découvre lui aussi de nouveaux horizons et /ou acquière des éléments permettant de changer.

On constate que l'abstrait n'est pas apparu avant le XXè et que sans doute les conditions n'étaient pas réunies avant :

- les découvertes scientifiques ont éveillé les esprits à d'autres dimensions.

- les découvertes psychologiques. L'art devient de plus en plus personnel. On n'exprime sa souffrance, sa révolte, ses peurs et son "moi profond" diront les psychanalystes.

Ce qui peut-être une manifestation d'attente de reconnaissance. On se montre, on s'expose à la critique, sorte de défi et d'affirmation de soi.

- la liberté d'expression tombe les interdits. N'a-t on pas fait mettre des "braghe" (culottes) aux nus de Michel Ange dans le Jugement Dernier de la Chapelle Sixtine au Vatican en 1564, par décret de la congrégation du Concile de Trente parce qu'ils étaient jugés indécents !

N'a-t-on pas mis à l'abri des regards "l'origine du monde " de Courbet en 1866 dans une période de grande rigueur morale et éthique, l'oeuvre fut classée pornographique ! edvard-munch_TheScream-1893.jpg

L'art a souvent été censuré mais le XXè voit une grande liberté d'expression  proche d'une liberté des moeurs. Bien sûr les culottes sont restées aux personnages du Jugement Dernier mais le tableau de Courbet n'a plus de cache au Musée d'Orsay.

A ce jour, cette libéralisation s'exprime dans tous les arts et les moyens pour  s'exprimer sont infinis .

- la maturité de l'artiste. Pour avancer tant artistiquement que dans son fonctionnement en général, il faut valider le passé. Les psychanalystes travaillent sur ce passé qui est nos racines et permet notre évolution. Lorsqu'il est compris et assimilé  "ce que l'enfant n'a pas compris, l'homme peut le comprendre" B. Cyrulnick. il ,permet d'avancer. Il en va de même pour l'artiste dans l'art . Celui qui n'a pas expérimenté et compris ce qui se réalisait avant lui,  manquera d'éléments pour aller plus loin. C'est un peu comme prendre un train en marche, il manque des étapes.

Si les découvertes et la liberté d'expression de la société ne sont pas  spécifiquement le fait de l'artiste, la maturité du peintre l'est. Elle peut s'acquérir et/ou se développer :

- comprendre l'Histoire de l'Art, visiter les musées, parler avec d'autres peintres, comprendre les évolutions et mouvements passés comme la transition du figuratif pur à l'impressionnisme puis le glissement vers le cubisme. Se demander  quand, pourquoi et comment. Quelles étaient les recherches, les aspirations et les modifications apportées par ceux qui ont précédé et travaillé dans ce sens.

 

Question 3 : Est-ce une évolution ?

Oui. Comme l'Histoire de l'Art le montre, des mouvements de pensées ont traversé le temps et constitué des transitions. Ces dernières ont permis de rebondir vers d'autres conceptions.  Dans l'Art comme en littérature, ces mouvements contribuent à l'évolution de la pensée voire de l'humanité. Si l'échelle est en décennies, pour l'individu, l'évolution est à l'échelle d'une vie.

Emile Farget, artiste-peintre me disait : "je n'aurai pas assez d'une vie pour réaliser ce que je souhaite rendre en peinture et encore ! ".

Si M. X a peint des sous-bois pendant plus de dix ans, pourquoi ? Le travail y était , alors pourquoi ne passait-il pas à autre chose ?

Est-ce un fonctionnement d'insatisfaction au point de recommencer sans cesse ? 

Cherchait -il en vain une technique qu'il ne trouvait pas ? 

Manquait-il de connaissances et d'un regard unilatéral sur ce qui s'était fait et se faisait afin de pouvoir continuer ?

Manque d'audace pour "bloquer" ainsi sans pouvoir se dépasser ?

Ce cas semble traduire une aspiration à un changement difficile à réaliser.

 

Cette démarche de "vouloir comprendre" et de s'en donner les moyens, est-elle possible pour tous ? Et  si le figuratif convient à certains artistes. Nous ne sommes pas égaux et ne pouvons pas nous réaliser de manière identique. Cependant ajouter quelque chose de plus par sa créativité est une contribution qui permet d'avancer.

 

Conclusion

La "gentillesse" du figuratif, agréable à voir et qui ne dérange pas s'effectuait lors d'une commande de riches personnages ou de mécènes souvent sous couvert de la religion. La commande est toujours d'actualité mais  d'autres considérations sont apparues, en particulier l'expression intime avec des techniques personnelles qui éloigne de la réalité visuelle.

 

Croyez vous que "le cri" d'Edvard Munch (1893) aurait eu du succès à la Renaissance ?? L'inquisition en aurait fait du petit bois !

jardin-d-amour-1912-Kandisky.JPG

cercles-ds-un-cercle-1923-Kandisky.jpg

 

Imaginez l'impact de la vision des cercles de Kandisky pendant le procès de Galilée ?

 

De la Carte du Tendre revue par le même artiste dans "Jardin d'amour" en 1912 ...

 

Ce n'est guère imaginable et totalement anachronique. 

 

Qui a dit "rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme ?" Lavoisier je crois et cette phrase est  riche d'enseignement, c'est un "pass" dans beaucoup de domaine. Les pensées évoluent et les choses changent. Valider et l'on avance...

Et aussi laisser aller son imaginaire en se disant qu'il n'y a pas beaucoup de domaines où cela est possible et que l'Art le permet ! Tout est possible en peinture.

 

Astuces ?

- le plus facile pour une réalisation rapide sans démarche plus approfondie est de considérer une portion de la réalité et de la représenter hors de son contexte global figuratif, comme un zoom.

Dans ce cas, il n'est pas question de création mais plutôt d'une approche que l'on peut travailler encore pour déboucher sur autre chose. C'est une astuce pour rebondir dans un premier temps. 

                            corse-sanguinaires +     sanguinaires detail      

                                                                       tableau entier et détail d'écume

                                                        environnement 003

                                                                     retravailler l'idée à partir du détail

- Laisser tomber les petits pinceaux qui obligent  aux détails ! Regarder les tableaux des musées, le peintre utilise souvent des spatules larges ou le couteau. Les formats de toiles sont grands. Passer à une autre dimension pour prendre du recul.

- utiliser le dessin aide les bons dessinateurs. Faire un transfert sur l'objet le plus significatif, exemple  pour "l'argent" = billets, pièces, mouvement, échange... pour "l'alcool" : verre renversé, désordre, mouvement, casse.

             dessin l'argent         l'alcool - dessin 

blog le divorce

- plus difficile : se laisser aller, se libérer ...traduire par des mots précis, imagés,  l'expression d'un sentiment.

 

Souvenez-vous de Picasso "en peinture, on a le droit de tout essayer mais à condition de ne pas recommencer" !

 

La souffrance par exemple avec "le divorce" : c'est quoi ? une déchirure, le pire est passé, que du mauvais, pour aller où ? vers le mieux, la lumière et la fin d'une cicatrice...Le passé à gauche sombre et l'espoir dans la lumière et le haut...

 

    le regard des autres

L'injustice, comme "le regard des autres" : c'est quoi ? la pression, la solitude, l'encerclement, la noirceur, se sentir la cible, étouffer, condamné, pas d'issue...

 

Autant "le divorce" est abstrait pour qui ne sait pas, le "regard des autres" et "2050" laisse deviner une trame figurative encore suggérée.

 

 

  Paysages---2005-41x27.JPG

 

Un pressentiment comme "la fin du monde" : c'est quoi ? un ciel de feu, une apocalypse, des fleuves d'acides, une nature détruite, sans humanité, disparition de la lumière du soleil. Bientôt la nuit totale...

 

Dans ces représentations, la couleur choisie est importante.

Ces études mériteraient encore d'être extrapolées ou déstructurées. C'est déjà une étape et un changement dans la façon de traduire un sentiment.

 

- la destructuration

partir d'un sujet figuratif, destructurer plusieurs fois en reprenant le dernier tableau jusqu'à voir disparaître le sujet et ne garder que l'atmosphère. Ici, la Bretagne :

bretagne-destructuration-1.jpg  bretagne-destructuration-2-JPGbretagne destructuration 3

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 20:09

La peinture change dans le temps comme nous changeons. Elle suit notre vie, ses hauts et ses bas. Au travers des sujets et des techniques, elle évolue aussi, elle s'adapte aux évènements...

Voici un parcours.

 

  •  Débuts

Je ne sais plus exactement à quel âge j'ai commencé à peindre.

 

marine 1964Il y a eu les dessins d'enfant et puis très vite la Peinture, vers dix ans, la gouache. C’était une marine avec les falaises rouges de la Méditerranée, souvenir de vacances à Cassis...

Très tôt la nature m'a paru essentielle dans ma vie. J'ai en mémoire une phrase de La Roche Foucault qu'un professeur nous avait sitée : "la nature est plus audacieuse dans sa réalité que l'imagination de l'homme dans sa fantaisie".

Ces années-là, la peinture était synonyme d'isolement et de liberté, je vivais mon adolescence en peignant dans ma chambre. Une fois la porte fermée, j'échappais aux pressions, aux influences, j'étais moi-même. Je choisissais mon sujet d'étude, ma technique et j'étais mon propre maître. A ce jour, je pense qu'il est nécessaire pour un enfant d'avoir son univers et qu'il faut une place pour le rêve. Cela favorise l'épanouissement de la personnalité.

   

quai-de-saone-1970--gouache-jpgCependant, il était difficile de tout ranger chaque soir pour tout ressortir le lendemain. Cette contrainte me perturbait, j'aurais voulu garder visible mon travail en cours, disponible à tout moment au gré de l'inspiration. Ranger c'était remettre en état la pièce, cacher ce que j'aimais... En 1965, l'éducation bourgeoise ne laissait guère couple-gouache-1965.jpgde place à l'Art. Tout était organisé pour suivre le sillon tracé, il ne fallait pas prendre d'initiatives dans quelque domaine que ce soit. J'étais formatée, j'apprenais à obéir plus qu'à penser, à me soumettre plus qu'à me battre.

  

Ces années-là, je m'endormais avec un prince charmant dans des histoires rocambolesques reprises chaque soir. J'avais 13 ans.

  • La découverte

En seconde dans mon lycée, l'enseignement du dessin était une option, j'ai commencé par deux heures par semaine puis très vite quatre heures jusqu à la terminale.

  

Quel plaisir d'ebouquet-de-fleurs-de-Chardin.JPGnfiler la grande blouse blanche et d'évoluer dans les parfums d'huile de lin et d'essence térébenthine. Des moments merveilleux, inoubliables où l'on sait pourquoi l'on existe. J'étais dans mon élément, je me sentais forte et capable de tout entreprendre. Je souviens très bien de cette demoiselle au chignon serré qui me donnait les premières bases. L'étude de l'Histoire de l'Art et des grands maîtres de la peinture me comblèrent. Le premier travail et ma première oeuvre sérieuse fut une reproduction du "bouquet de fleurs" de Chardin. Il avait fallu confectionner la toile et la tendre sur châssis. Sans même savoir si j'en étais capable, je m'attaquais à cette peinture avec une grande exaltation. Toute ma vie je peindrais, c'était sûr. J'avais 15 ans.

  

Nu assis de RenoirLes heures passaient à une allure vertigineuse et ces débuts passionnants furent à la  hauteur de mon attente. La demoiselle m'a beaucoup appris, aujourd'hui je sais qu'elle fut sans doute la première personne "tuteur" que j'ai rencontrée. Elle me donnait la reconnaissance de ma passion, me confirmait que l'Art était noble et digne d'intérêt, que je n'étais pas marginale, d'ailleurs c'était dans le cadre de l'enseignement.

 

J'étais dans une bulle, protégée de la réalité. Tout était harmonie. Il était alors confortable d'avoir cette soupape et la possibilité de croire à un monde sans violence.

 

Petit fifre de MonetCette impression de passer ainsi d'un monde à un autre avec des valeurs différentes, je la ressens toujours et c'est sans doute là que réside une part de la thérapie de l'Art.

 

bouquet de fleurs -BreughelTrois ans plus tard, c'était l'explosion d'une  jeunesse qui  veut exister et s'exprimer. Mai 1968, ébranla pour toujours ce monde de rigueur et les murs entre les générations vibrèrent et se fissurèrent.

La musique changeait et rayonnait d'énergie et de rythmes nouveaux. Bienvenus les Beatles ! Toute cette audace me confortait dans ma passion, je me sentais portée par le courant, Une lueur brillait dans le tunnel.

  • Désillusion
  • 

Il ne m'était pas venu un seul instant à l'esprit pendant ces trois années avant le bac et avec tout l'investissement dans mes cours que je ne pourrais pas "faire" les Beaux-Arts. Ce bac que j'avais eu avec 16/20 en dessin...

  

Paysage-les barquesLes beaux-Arts pour moi, c'était continuer officiellement la peinture, me réaliser enfin dans ce que j'aimais par dessus tout et exploiter une sensibilité. J'imaginais des discussions passionnées, des métiers merveilleux comme restaurateur d'oeuvres d'Art, expert, galeriste, commissaire priseur, artiste ou simplement enseignant.

  

 Il restait hélas une mauvaise idée de 68 dans l'esprit de certains parents... C'était obligatoirement devenir hippie, voire droguée ou finir dans la rue à "dessiner sur les trottoirs". Ce pauvre trottoir, l'incarnation du rejet de la société. Si bas qu'on ne peut s'en relever et surtout plus d'avenir et le bon mari. La réponse fut cinglante, irrévocable et non négociable... Ah ces profs ! ces gauchistes qui donnent de mauvaises idées aux enfants. Que faire contre le trottoir et la gauche réunis ?

  •   Un peu perdue

 Ce fut le vide, fini mes chers points de repères. L'avenir était sombre, sûrement la plus grande déception de ma vie parce qu'à 18 ans on y croit et que je savais que j'avais le potentiel pour réussir. Je me suis sentie cassée et humiliée. Cassée du non respect de mon choix  et du manque de confiance et humiliée d'être jugée incapable. Et cette majorité à 21 ans qui assujettit un "déjà adulte" à la volonté des parents.

  

 Inscrite en facle-bar-du-C.JPGulté de biologie- géologie parce qu'on y dessine et étudie la nature, je ne me suis pas présentée en deuxième année, je n'avais plus de motivation et les cours d'Art me manquaient. Je ne savais pas où j'allais.

 En 1971, c'était l'année du campus, des copains et de la musique Pop.

Alors naquit "le bar de C". C'est une peinture au couteau. Elle est pleine de symboles affectifs, de ressenti et d'émotions comme un cahier à secrets. J'étais encore dans l'élan des cours reçus et la créativité commençait à se manifester. J'avais des idées pour ce bar d'étudiants où l'on jouait au tarot dans la fumée et la musique forte, au milieu des canettes de bière et des tasses à café. J'avais en tête un air de G. Alwrigt et dans le coeur un beau garçon brun qui chantait "Suzanne" en s'accompagnant à la guitare.

 

1971 : Côté sentimental, mon coeur balançait entre Bernard le romantique, guitariste, super doué en chimie et un inconnu que j'apercevais régulièrement dans les bousculades de l'escalier du resto U à la Doua. François était en deuxième année de droit, on se souriait tous les jours sans se parler. Ce n'est qu'après mon accident de voiture en 1972 et une longue absence qui interrompit des études d'infirmière, que l'on a fait connaissance, comme si l'on s'était attendu tout ce temps. François, mon premier Amour.

  • Le destin

Avec l'école d'infirmière ce fut le mal-être complet. Écoeurée par la fviolonroideur et la suffisance des enseignants qui nous apprenaient qu'un malade n'est pas un être comme les autres. Je compris qu'il n'y avait pas de place pour les sentiments et que la hiérarchie et la mission gratifiante occultaient totalement l'aide à la personne, l'assistance à la souffrance. De quoi réfléchir... En plus de la blouse blanche, il fallait endosser une carapace qui rend invulnérable et protège du ressenti. Moi qui au contraire cherchais à être vraie pour me construire avec des valeurs fortes !

En peinture, j'avais du mal à avancer et retombais dans la copie et perdais mes acquis. Ce fut une série de copies de Breughel, Courbet, Bracque (ci-contre)puis des natures mortes... L'enseignement de la demoiselle au chignon me manquait.

L'accident de voiture fût grave et mit fin à ces études qui ne me permettaient pas de me réaliser. J'avais 20 ans.

  • Prise de conscience

Je continuais cependant à peindre, cela m'équilibrait et mettait de la lumière dans ma vie. Car sans diplôme, les réalités du monde du travail au bas de l'échelle sociale constituaient une transition  radicale avec la vie d'étudiante, la philo et les espoirs de jeunesse.

La difficulté des relations humaines dans le milieu du travail me Fleurs-le-pavot-27x22.JPGdésespéraient mais un deuxième tuteur se présenta. Didier m'a ouvert les yeux sur beaucoup d'horizons.  J'appris qu'il fallait désamorcer les conflits, utiliser l'énergie positive que l'on accumule. Un grand voyage d'un mois en Asie m'aida à décoller, découvrir une autre culture, le bouddhisme et la relativité de la vie. Ce qui  permit à ma peinture de rebondir et à moi de beaucoup apprendre.

Il faut laisser du temps au temps...

Un an plus tard, je me pris d'intérêt pour la photo, les couleurs, les différents plans de vue et la profondeur de champ. Je peignais à nouveau même si la découverte personnelle est infiniment plus lente et aléatoire que celle dispensée par des cours. 

 

Enfants-de-Thailande-61x46.JPGAvec ces nouvelles impulsions et une formation de secrétariat compta, je rentrais en 1982 dans la fonction publique. Ce ne fût pas facile du tout, je n'étais pas vraiment prête à rentrer dans le moule de fonctionnaire mais il y avait d'autres avantages non négligeables. Je ne me suis jamais totalement adaptée à ce fonctionnement hiérarchisé, c'est un monde à part, anesthésiant. Comme enfant dans ma chambre, je retrouvais mes deux mondes alternativement et j'avais une sécurité qui me permettait de peindre.

  • Maturité

aquarelle - Busard St MartinAprès la naissance de ma fille en 1986, j'ai découvert la région viticole du Beaujolais et ce fût une renaissance de ma peinture.

A cette période-là, des sorties ornithologiques me firent essayer l'aquarelle.

Succession de sujets typiques, les caves où s'exprimait naturellement le clair-obscur. Ce rayon de lumière qui traverse le soupirail et s'écrase sur un tonneau poussiéreux dans l'obscurité et l'humidité propices aux bons crus. L'alambic où le saucisson cuit dans le gène de raisin délie les langues et les vapeurs d'alcool font tourner les têtes.Beaujolais-Alambic-61x50-.JPGLes dégustations où la porte ouverte sur l'extérieur exprime pour le peintre bien plus que l'accueil chaleureux et incontestable des viticulteurs, l'entrée de la lumière nécessaire à la vue et à la vie, celle qui enveloppe les objets et leur donne leur vrai sens. J'acquière une nouvelle palette de couleurs.

Le Beaujolais est une région pleine de charmes avec des découvertes nouvelles et du vécu.

Beaucoup d'expositions et de ventes de toiles ont enfin permis une reconnaissance.

Certaines devinrent des étiquettes de crus renommés.

Beaujolais-Chapelle Brouilly 46x38

Beaujolais-Dégustation privée 61x46

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

Beaujolais-la lanterne 46x38   Beaujolais-les verres de gnole 46x33  

 

 

 

 

 

 

Avec "les verres de gnole", il faut voir le milieu assez fermé des hommes. Ils se retrouvent amicalement dans leurs caves pour discuter travail, boire un verre convivial et plaisanter avec un humour quelques fois grivois. La femme n'y a pas sa place. L'ombre des bouteilles se projettent sur le mur en silhouettes masculines. Une bouteille est tombée, la noix reste ouverte à la dégustation...

  •  les voyages  

Nu-la tahitienne 61x50J'aimais déjà Gauguin avant de voir la polynésie mais après un séjour à Punauia à Tahiti, je compris véritablement sa peinture et son "exil". Un homme aventurier, un peintre qui utilise les couleurs complémentaires et peint les vahinées nues au risque de déplaire à la société métropolitaine. "Tous mes doutes sont dissipés, je suis et resterais ce sauvage". Il cache des toupapaous (esprits) dans ses toiles, peint la sensualité et le tabou de la culture Maori transmis par les sorciers de l'île. Loin "la belle Angèle", la rougeaude aux yeux bleus dépourvue de mystère et de séduction :  "les belles couleurs, sans qu'on s'en doute, existent et se devinent derrière le voile que la pudeur a tiré".

 A nouveau des couleurs nouvelles arrivent sur ma palette, le rouge des hibiscus, le bleu du lagon et le vert des bananiers. Des couleurs pures et lumineuses bien rares en métropole...

  

Bretagne-Cimetiere-de-bateaux-46x33.JPG

La Bretagne, pays de contes et de légendes où les fées et les lutins se partagent les landes du Finistère et les nuits de la forêt de Brocéliande. Le pays de l'Ancou, du poète Xavier Grall, une terre mystérieuse et forte, une terre de grande marée où surgissent des calvaires, des fontaines miraculeuses et des processions dans les brumes mouvantes des Monts d'Arrée.

 Cimetières de bateaux du Morbihan,  Chapelle de St They sur la baie des trépassés, St Cado..."Ma bro... tu es ma drogue et ma fatalité, ma liberté et mon souffle" (les vents m'ont dit- X.Grall). 

Bretagne-Chapelle StThey Finistere 41x33

Bretagne-Procession Finistère 41x33

Bretagne-Saint Cado Morbihan 41x33

 

La Corse mérite bien son nom d'Ile de Beauté et de lumières, couleurs et contrastes, paysages sauvages et puissants. Golfes profonds, falaises de craie, arrêtes déchiquetées, une certaine démesure dans cette île qui unie la nature forte de la Bretagne à la lumière de Polynésie. 

Corse-Aiguilles de Bavela 65x46

Corse-Golfe de Porto 46x33

 

 

 

 

 

 

 

 

Corse-pont gênoisCorse-detail-bavella.JPG

Corse-Cargese-55x46.JPG

Pour le ciel de la Corse, je pose le pinceau et utilise des cartes rigides pour lisser des fonds laqués et uniformes...

  • Une pause

En 1990, des portraits de ma fille, des natures mortes, des chats, des paysages traduisent une période sans turbulences. Je vis sur mes réserves et cherche à les exploiter. Des expositions dans des groupements artistiques régionaux ou dans des restaurants réputés se succèdent. Les articles de presse me donnent de l'assurance et je vends mes toiles.

Beaujolais-les vignes d'octobre 95

 

Beaujolais-Chenas

 

Fleurs-iris clair

Chat-les Siamois 55x46

Chat-Chat blanc46x38

Les couleurs de Polynésie sont acquises, je suis quelques temps des cours de nu.

Nu-la rousse 61x50

Nu-la blonde 55x46

 

 

 

 

 

Étrangement, comme la Tahitienne, je constate que je peins des femmes-tronc aux seins lourds... pourquoi ? je ne sais pas.

 

Je commence à me lasser du figuratif.

 

  • Le virage

Je cherche d'autres techniques et essaie d'épurer les sujets en abandonnant les détails et en donnant priorité à la couleur. Je cherche un sujet qui implique pour moi une sorte de révolte comme ci-dessous la pollution et l'avenir de la planète... 

paysage 2050

Un changement s'amorce alors qui sera un aboutissement avec "2050" ci-dessus.

Puis "le divorce" où la séparation prend l'aspect d'une cicatrice boursouflée qui s'estampe en montant vers la lumière.

le regard des autres

blog-le-divorce.jpg

ou "le regard des autres" qui suivra le divorce.

 

A bien regarder aujourd'hui, je vois une silhouette féminine claire qui tourne le dos à un couple entouré de deux personnes (la famille ?) Elle est seule face à une multitude de personnes aux profils sombres qui la regardent (la société ?). Tous ces détails n'ont pas été voulus, j'ai peint très vite en deux heures ce que je ressentais, sans réfléchir. Le résultat me surprend.

 

Question : l'abstrait semble arriver à propos, faut-il avoir de la souffrance pour "sortir ainsi ses tripes" en peinture ? Ou est-ce l'aboutissement d'un travail et d'un fonctionnement ?

 

  • 2009 : Après l'étude de peintres comme Picasso, la réponse est non. 

Simplement une façon de présenter les choses selon sa personnalité et sa recherche personnelle. Donc fonctionnement et travail : deux paramètres qui peuvent évoluer, progresser selon des évènements, des rencontres où de nouvelles découvertes dans la technique...

Exemple d'un début, avec l'étude du chef-d'oeuvre de Courbet : "l'origine du monde":

dessin-l-origine-du-monde---Courbet.jpg

puis d'autres études personnelles sur le thème de l'alcool, l'argent ou le jeu.

l-alcool---dessin.jpgdessin-l-argent.jpg

L'interprétation est en fait une forme de liberté. Dans ces deux thèmes, il y a aussi la relativité et la légèreté du sujet même si l'alcool et l'argent sont des sujets graves en soi. On y trouve l'allégorie du temps qui passe dans le mouvement des objets... Chose qui se matérialise dans le figuratif par une code comme une bougie, un sablier...

dessin---le-jeu-copie-1.jpgLe champ d'expression personnelle est plus grand dans l'interprétation que dans sa représentation figurative.

Plusieurs messages peuvent passer, ils sont suggérés par une présentation  particulière et une technique appropriée qu'il serait difficile d'évoquer dans un cadre purement limité à une reproduction de la réalité, si vraie et symbolique qu'elle soit.

Souvenez-vous des "verres de gnole" et de la "lanterne" des années 1980.

 

Mais une forme de figuratif n'est pas exclue lorsque le sujet s'y prête ou que la beauté d'un paysage le nécessite : atmosphères, détails pittoresques.

Herault- VissouCorse les sanguinaires-copie-1

le Vissou sous la pluie  (34)                                                                                    Les Sanguinaires - Corse

                                                                    

herault-Montagnac-Clocher-27x41.jpg

herault-Caux circulade

herault-Caux le clocher

  Montagnac    (34)                                  Caux  (34)                                             Caux (34)

2013 : Nous sommes en 2013, je travaille pour une série de "portions de nus avec un plus" pour une expo à Agde en Juillet 2014 sur le thème "secrets de femmes" voici :

voir aussi http://peinturesmatray.overblog.com

Plaisir de peindre ou thérapie ?
Plaisir de peindre ou thérapie ?
Plaisir de peindre ou thérapie ?
Plaisir de peindre ou thérapie ?

2014 : une série pour 2015 "Etats d'âme de la mer" que trois pour l'instant...

la montée des eaux, la mer des naugfrages et le lagon

Plaisir de peindre ou thérapie ?
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Plaisir de peindre ou thérapie ?

une série sur le mouvement d'après la reprise d'une technique du "bar du C" de 1972 : l'argent, l'origine du monde pour l'instant. J'aime bien cet effet, je vais l'approfondir encore pour d'autres thèmes.  à suivre

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  • : Un 3ème livre sur la poésie, avec les "effroyables complaintes du XIXe siècle" mais ausi des réflexions et études personnelles en particulier sur l'Art, la généalogie, le patrimoine, la numismatique, la poésie ... toujours curieuse de patrimoine et d'histoire ...
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  • Autodidacte curieuse d'Histoire et de Patrimoine, d'Art, de symbolisme lié à notre culture. Plusieurs modules à l'Université Lumière LYON II : Le Moyen-Âge; écritures anciennes, les grands décors peints du XVIIè, Vermeer, Médicis... un livre publié : "le symbolisme des heurtoirs populaires languedoc
  • Autodidacte curieuse d'Histoire et de Patrimoine, d'Art, de symbolisme lié à notre culture. Plusieurs modules à l'Université Lumière LYON II : Le Moyen-Âge; écritures anciennes, les grands décors peints du XVIIè, Vermeer, Médicis... un livre publié : "le symbolisme des heurtoirs populaires languedoc

Marie-Christine Matray (Yvanès)

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